Portraits d'engagés à l'Ufcv

Portraits d'engagés

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Soraya Nabet
Volontaire en Service Civique

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 


Je m’appelle Soraya, j’ai 23 ans et je suis originaire d’Orléans. Je viens de finir une mission de Service Civique qui a duré huit mois, dans un établissement d’accueil pour adultes handicapés !

Pouvez-vous me parler de votre mission en Service Civique ? En quoi consiste-t-elle ?


J’ai effectué mon Service Civique dans la commune d’Olivet (45), au sein du Foyer Isambert Sagesse. Ma mission consistait à mettre en place des actions de formation et d’échange de pratiques avec d’autres établissements de l’Union Européenne, en Belgique notamment.

Par rapport à d’autres pays, La France connait un retard sur la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’idée était donc d’ouvrir les professionnel·le·s français·e·s sur des approches et savoirs-faire étrangers, en organisant des formations, des séminaires...

Qu’est-ce qui vous a amené à vous lancer dans l’expérience du Service Civique ?


J’ai beaucoup entendu parler du Service Civique quand je suis partie vivre à l’étranger, il y a quelques années. À l’époque, j’étais déjà attirée par le dispositif, tout particulièrement le fait qu’il n’y ait pas besoin de prérequis sur les diplômes et que ce soit la motivation, l’envie de s’investir et les aptitudes qui comptent ! J’ai décidé de me lancer cette année parce que je voulais à tout prix faire cette expérience avant qu’il ne soit trop tard et que je ne rentre plus dans les critères d’âge.

Quand j’ai entendu parler de la mission au Foyer, j’ai eu un déclic. Une mission en lien avec l’étranger, s’inscrivant dans un engagement pour un monde inconnu pour moi jusqu’alors -celui du handicap -avec de l’événementiel…  C’était exactement ce que je cherchais ! Mais honnêtement, toutes les missions proposées sur le site font rêver ; et je pense que tout un chacun peut s’y retrouver !

Qu’est-ce que vous avez trouvé le plus enrichissant dans votre mission ? 


Ça va peut-être sembler facile comme réponse, mais ce que j’ai trouvé le plus enrichissant a été la découverte du monde du handicap. Ma mission m’a ouvert les yeux sur des problématiques qui ne m’auraient jamais traversé l’esprit autrement !

J’ai adoré être au contact des 45 résident·e·s, écouter les premiers concernés sur ce qu’ils ont à dire et sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Ils m’ont tous accueillie les bras ouverts, avec une telle richesse humaine et spontanéité… Je ne suis pas prête d’oublier cette expérience ! 

Vous avez porté les couleurs du Service Civique à l’occasion du défilé du 14 juillet cette année. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ? 


L’expérience s’est magnifiquement bien passée ! J’ai été très contente de pouvoir participer à la valorisation du Service Civique et du Foyer. Je l’ignorais, mais cette tradition dure depuis 6 ans déjà ! 

Le groupe a été vite soudé et l’ambiance très bonne ; c’était intéressant de rencontrer d’autres jeunes volontaires, venant de tous horizons, et engagé·e·s sur des missions aux thématiques très différentes !

La semaine de préparation a été riche et intense, avec un programme bien chargé, puisque des répétitions étaient prévues tous les matins à partir de 5h sur les Champs-Elysées, pour ne pas bloquer la circulation automobile de Paris ! Pendant cette semaine, nous avons rencontré plusieurs ministres, été témoigner à la radio et à la télévision, découvert  le siège de la Croix Rouge, fait des visites culturelles... Par exemple, on a visité le musée du Louvre avec son Directeur adjoint, c’était très enrichissant ! Au départ, écrit sur du papier en police 9, le programme faisait un peu peur… mais finalement, c’était une belle expérience à vivre ! [Rires]

Qu’est-ce que cet engagement vous a apporté ?


Ma mission m’a permis de développer certaines compétences, comme l’autonomie et la polyvalence. 

Il y a aussi toutes les connaissances acquises sur la thématique du handicap et le domaine de la formation. À mon arrivée, je ne savais pas faire la différence entre les « foyers de vie » et les « maisons d’accueils spécialisées » ; quand on utilisait du vocabulaire spécialisé ou des acronymes, je ne comprenais rien ! Peu à peu, je me suis acculturée à tout ça, et j’ai fini par apprendre plein de choses !

Mon engagement m’a aussi permis d’ouvrir les yeux sur des problématiques et un militantisme qui m’étaient totalement inconnus auparavant. Les personnes en situation de handicap occupent une place immense dans la société, et c’est comme si elles étaient invisibilisées. On parle très peu des difficultés qu’elles rencontrent au quotidien et de leurs droits. Aujourd’hui, je suis contente d’avoir été éveillée à un sujet aussi important grâce à ma mission.

Quel est votre meilleur souvenir de volontaire ?


Je dirais que c’est la formation que j’ai organisée sur le thème de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. J’ai beaucoup travaillé pour qu’elle se passe au mieux et les retours positifs que j’ai eus étaient très valorisants !

Au-delà de ça, j’ai été époustouflée par la qualité du travail du formateur, Jean-Luc Wasmes. En France, ce sujet constitue encore un tabou. La Belgique, en revanche, a beaucoup avancé sur la question, notamment grâce à des personnes comme Monsieur Wasmes qui milite depuis plusieurs dizaines d’années. Les outils et supports vidéo qu’il a partagés au groupe étaient très intéressants et inspirants : les participant·e·s sont tou·te·s reparti·e·s avec l’envie de mettre les bouchées double sur le sujet, et de faire évoluer les pratiques sur le terrain. Ces trois jours ont été incroyables !

Quels sont vos projets pour la suite ?


Cette année, je veux suivre un BTS « Communication événementielle » en alternance au sein de l’association Gaïa, qui organise depuis 15 ans le festival écologique « Vers Solidaires » dans mon village de Saint-Gobain en Picardie. J’aimerais aussi, avant mes 30 ans, m’engager au Corps solidaire européen et partir à l’étranger pour une mission humanitaire. 

Tout comme pour l’écologie, j’ai été piquée par le monde du handicap, et cela ne me quittera pas de sitôt ! Si une opportunité se présentait à moi dans ce domaine, je n’hésiterais pas une seule seconde !